Aussi loin que remonte ma mémoire, c'est par une chaude journée d'été que commence réellement la fantastique épopée d'Anavrin de Kento. C'est par une belle matinée d'été donc que commence son Histoire, comme il me l'a si souvent contée.
Ce matin, comme tous les matins depuis près d'un an, Anavrin se leva à la sonnerie de son réveil électronique. Il était 5h30 du matin. Les yeux encore embrumés après sa courte nuit de sommeil, il se leva maladroitement de son lit trop petit pour lui pour se servir un bol de céréales bon marché.
En ce temps là, Anavrin n'était encore qu'un adolescent. A 15 ans à peine, il n'était pas très grand pour son âge mais était cependant de constitution solide. Il avait une épaisse tignasse brune constellée de reflets cuivrés et le regard d'un noir intense.
Anavrin prit son petit déjeuner assez lentement, assis devant sa minuscule table devant sa minuscule fenêtre. A vrai dire, tout était trop petit dans son petit appartement parisien qui ne possédait qu'une seule petite pièce. Une petite table, une chaise, un petit lit, un évier et une cabine de douche, voilà tout le mobilier dont disposait Anavrin pour vivre. C'était malheureusement tout ce qu'il était en capacité de s'offrir avec sa modeste paye d'ouvrier du bâtiment mais cela lui convenait amplement. 15 ans est un âge auquel les enfants ne sont pas habitués, ni même légalement autorisés à travailler. Pourtant Anavrin travaillait depuis un an maintenant, depuis qu'il s'était enfui de chez ses parents.
Ani prit son paquet de céréales et en versa dans son bol de chocolat chaud. C'est ce moment que choisit une petite souris blanche pour monter sur la table et se poster juste devant le jeune garçon.
- Ah, salut Méo... fit Ani de sa voix encore enrouée par une nuit de sommeil. Je suppose que tu as faim, vorace comme tu es. Tiens, prends ça.
Il déposa alors une poignée de céréales croustillantes juste devant la petite souris, qui ne semblait pas du tout effrayée.
Pendant qu'elle mangeait, Ani la caressait du dos de la main. Méo était en fait sa seule compagnie depuis qu'il vivait ici. C'était une petite souris mâle qu'il avait domestiquée puis dressée à force de patience et surtout de nourriture. Néanmoins, il avait décidé de la laisser libre d'aller et venir partout dans sa chambre car il ne supportait pas de voir des animaux en cage. Et Méo se montrait plutôt docile car il ne volait presque jamais dans la réserve de nourriture mais il prenait par contre un malin plaisir à ronger les lacets des chaussures d'Ani, si bien que ce dernier devait les cacher dans un petit conduit de ventilation, inaccessible pour la souris.


